Un livre, un mot (3)

« S’en fout la mort », Xavier Emmanuelli. Brouillon. 3/5.

« Les princes du sang », Gilbert Schlogel. Envoûtant. 5/5 (oui, je sais, pas super objectif).

« jPod », Douglas Coupland. Barré. 4/5.

Je suis honnête, je rajoute que les récents pour ne pas que mon jugement ne soit altéré avec l’oubli… Puis ça me force à être régulier;)

 

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Cathodique.

Urbain se leva à l’aube, les rayons de soleil dansant sur son nez l’ayant réveillé. Après s’être coiffé de la religieusement obligatoire tiare papale, il jeta un rose peignoir sur ses épaules, mit le feu à son divan et quitta son appartement, non sans s’être toasté une tartine sur le brasier domestique au préalable. En traversant le hall en direction de l’escalator, il tomba sur Jean-Paul, son voisin de palier, et en profita pour se fouler la cheville sur le corps allongé. Jean-Paul broncha un « Avé » avant de replonger dans son sommeil et y évoluer en dos crawlé. Urbain emprunta alors l’escalier mécanique -la froideur des marches ciselées dans l’inox l’obligeant à chausser sa chapka- et ne le rendit qu’une fois arrivé à l’extérieur du batiment.

Depuis le Grand Chamboulement de 36, le ciel était recouvert par un dôme métallique à la couleur changeante afin de protéger les pèlerins de la tentation du ciel bleu, seule une fenêtre laissant passer le sourire bienveillant du soleil restait ouverte au zénith. Ce matin là, le dôme était de couleur vert pâle, la couleur favorite d’Urbain, c’est donc d’un pas léger et d’humeur joyeuse qu’il déchira sa chapka et se mit en route vers le centre-ville. Les maisons à l’allure de champignons épars firent bientôt place, non sans contestations des cueilleurs du dimanche, à une succession d’immeubles tous les uns plus grands que les autres, ce qui créa une surenchère infinie de doigts immobiliers tendus vers le dôme menant à un paradoxe spatial supplémentaire.

Urbain finit par atteindre le centre du centre : la chapelle. Pie, campant devant la porte dans une tente au teint douteux, l’arrêta dés qu’il fut à portée de voix par un « Ola ». Comme le veut la tradition, Urbain répliqua « Louïa » et ils purent entamer sereinement leur conversation sous de bonnes augures, augures qui se révélèrent par ailleurs fort légères à supporter au dessus de leur tête.

-« Chère et honorissime seigneurie, votre présence en ces lieux me sied à ravir »

-« Je me réjouis de votre enthousiasme à la vue de ma personne »

-« Il me faut m’absenter un demi-décanat de ma charge d’entretien de la chapelle et je crois savoir que vous possédez un master en management des regroupements pieux »

-« Certes »

-« Parfaitissimo, vous êtes éligible à mon remplacement. Il se chuchote dans les hautes sphères, et même dans la cours de Son Eminence, qu’un geste de bonté de la sorte jouera en votre faveur lors de la prochaine béatification »

Son Eminence, depuis son trône installée au milieu de la cours sise sur la chapelle, acquiesça silencieusement.

-« Voyez ! Elle acquiesce ! »

-« Présenté de la sorte… »

Urbain poussa la porte de la chapelle et fit face à l’autel. Celui-ci affichant complet, il prit place sur un des bancs disposés religieusements de part et d’autre de la chapelle et attendit. Un demi-décanat plus tard, Urbain perçut un léger chuintement, il déduit que cela devait être des pèlerins. En effet, apparut peu de temps après un superbe téléviseur écran plat qui s’installa en face de lui. Il fut rapidement suivi d’un modèle portable, de trois autres écrans fins à l’accent japonais et d’un antique poste noir et blanc dont la dignité malgré son âge fit verser une larme compassionelle à l’assemblée. La larme épongée, la troupe de pèlerins se recueillit un instant devant l’autel, la lueur blafarde de leurs écrans catholiquement cathodiques projetant des ombres difformes sur les murs. Urbain ne les vit pas partir, trop occupé à nettoyer les murs de ces ombreuses éclaboussures, si bien que lorsqu’il leva le nez de son éponge, il était seul dans la chapelle. Le clocher sonna 3 fois et demi et il songea « Ciel, cela fait 4 décanats que je suis là ». Il prit la poudre d’escampette, ce qui le fit éternuer le reste du chemin, et regagna son appartement carbonisé. En se décoiffant de sa tiare, il s’allongea et songea qu’il était fier d’avoir pu rendre service.

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La guerre des balances.

Avez vous déjà tenté d’acheter un pèse-personne ? Pas uniquement conceptuellement, je veux dire de manière pragmatique, aller dans un magasin avec votre petit porte-monnaie et votre bonne volonté ?

J’ai essayé hier, je vous le recommande vivement (si votre détecteur à ironie n’a plus de batterie, c’est effectivement du 3ème degré).

Pour commencer ma quête, j’avais dans l’idée de me rendre dans une des enseignes les plus désordonnée (je refuse d’utiliser le terme bordelique – oups) du royaume. Par soucis d’anonymat appelons la « Maison en espagnol ». Je m’y rendis donc. La porte poussée, une véritable bataille à faire pâlir de jalousie n’importe quel GI prit place. La première attaque fut odorante, dés la porte entre-ouverte, un délicat parfum de bougie patchouli-lavande-citron-orange vous flingue les sinus presque instantanément. Ensuite, vint la 2ème attaque, visuelle celle là. Apparemment, « Maison en espagnol » venait de se faire cambrioler. Des caisses éventrées jonchait le sol, une horloge indiquant perpétuellement 3h42 était posée contre ce qui devait être un terminal de payement, des piles de coussins à l’équilibre précaire encadraient des étagères rassemblant tout ce que l’humanité avait put créer de plus improbable comme objet domestique (oui, même la pompe-distributeur de boisson était présente). Après une demi-seconde de pause en ouvrant la porte (je me rappelle avoir eu cette pensée empruntée à Lao Tseu : « What the fuuuuck ?!?« ), je me mis en quête d’un authentique pèse-personne Made in China. Et vint la 3ème vague d’attaque, la sournoise, la guerre froide, celle qui joue sur le registre nerveux : s’en sortir dans le désordre le plus total. Pour faire bref, après avoir rageusement jeté hors du magasin le shaker rose, la brosse à WC en forme de grenouille, le duo de couvert à salade vert translucide ainsi qu’un fauteuil en rotin et les 28 cadres photos au design improbable, je commençai à sentir le choux blanc se pointer (et donc ma patience s’user). Après un rapide coup d’oeil aux alentours, pas de vendeur en vue -j’apercu par après qu’ils s’étaient concentrés derrière l’unique caisse du magasin, jouant religieusement leur rôle, le premier saluant le client, le second scannant les articles et s’occupant de la partie financière, le 3ème étant préposé à l’emballage-, je me barrai. Sic. Adieu « maison en espagnol ».

Je suis un optimiste fini, je ne pouvais rester sur un échec, il me fallait tenter ma chance ailleurs. Je couru donc (oui, je m’énervais légèrement) dans une autre enseigne, que nous appelerons « Croisement » par soucis d’anonymat.

Il faut savoir que mon « Croisement », celui à côté duquel j’ai grandi, où j’ai lu des BD gamin pendant que la cellule familials s’occupait du ravitaillement, où j’ai acheté mon premier walkman cassette, où j’ai gagné mon premier titre en course de charrette, a été refait récemment. Une équipe de bonhommes, avec des t-shirt verts pomme customisés au logo de « Croisement » (du tuning vestimentaire avec de vrai morceaux de mauvais goût) est venue pour repenser tout le machin. Depuis, ils ont décidés de séparer le « food » du « non food » et, dans un souci d’efficacité, d’ensuite sous-diviser le « non food » selon les pièce d’une maison (il y a donc un rayon « Salle à manger », un « cuisine », une « chambre » ainsi qu’un « baby » (?)). Le système à ses failles, j’allais vite m’en rendre compte. Déjà, pas de « salle de bain ». Fichtre. J’essayai donc la « chambre », ensuite la « salle à manger », pour finir par faire tous les rayons successivement (y compris celui des télévisions tonitruantes). 35 minutes. J’ai cherché pendant 35 minutes. L’inconvénient de chercher un truc un poil spécifique qui évidement ne rentre pas dans leur superbe système de classement pas pièce. Pas un seul vendeur à l’horizon, à nouveau. Cette histoire commençai à LEGEREMENT me foutre en rogne. J’ai fini par demander mon chemin à un préposé « Chaines Hi-Fi » qui me crédita d’un nonchalant :

-« Vous voyez la bulle mauve là bas ? »

-« heuuu, oui ? »

-« ben juste en dessous ! »

-« ah oui »

Ben oui. Quel idiot j’avais été, c’est logique, les balances sont sous la bulle mauve voyons… C’est donc finalement entre 2 marques de shampooing différents que je trouvai le graal sous la forme d’une balance électronique avec calcul de BMI et mémoire intégrée (55€, possibilité d’un financement sur 12 mois à 0% après acceptation de votre dossier par Croisement SA) et d’un antique pése personne pour qui un véritable coup de foudre me frappa. En faisant la file afin de me marier avec, je compris pourquoi toute cette aventure m’exaspera.

Jadis, trouver une balance était chose simple (on a tous joué dans nos enfance respective à faire monter l’aiguille à la force de nos bras), c’était un accessoire normal de tout foyer, une saine habitude. Alors que l’épidémie d’obésité nous touche de plein fouet, les gens perdent cet usage (nombre de patient n’ont pas la moindre idée de leur poids). Face à tout problème de santé, la majorité des gens a ce réflexe de faire l’autruche, de fermer très fort les yeux jusqu’à la dernière minute, « pas vu pas pris ». La malbouffe et l’absence de sport fait grossir, jeter sa balance n’est qu’un moyen comme un autre de se mettre la tête dans le sable. Bientôt la faillite des constructeurs de pèse-(plus-)personne ?

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Médecine interne vs Chirurgie.

Pour ceux qui se rappellent, ça a commencé par ceci :

 

Suite à de nouvelles hostilités, je me dois de réagir :

Le voyage.

Discrètement, le temps passe. Je viens de terminer les derniers examens me séparant du tant attendu concours de Chirurgie. Dans 5 mois, je suis normalement médecin. Le but est quasi atteint. Ce qui me fait réaliser que le monde va donc bientôt changer, les oiseaux vont chanter, les passants danser, le soleil caresser et la vie s’emballer.

Ou alors…

Je me rappelle avoir tant fantasmé ma vie à 18 ans alors que je n’étais encore haut que comme trois pommes, la réalité fut plus banale. Idem pour le début de l’université, la fin du premier cycle, les premiers stages, etc.
À la fin de cette année ci, j’aurai passé un nouveau cap -tant attendu- et mon égo s’en réjouira, pendant un temps, ensuite, il sera temps de reprendre sa petite valise de rêves et se remettre en route. Une nouvelle ville à visiter s’annonce à l’horizon.

Joyeux anniversaire la terre !

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Un livre, un mot (2)

« 3 kifs par jours », Florence Servan-Schreiber (ouais, la cousine de l’autre). optimiste, 3/5.

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Un livre, un mot (1).

Nouveau concept sur ce blog, celui de un livre, un mot. Brièvement, plutôt que de me lancer dans une critique prolixe des bouquins que je termine (je n’ai ni le talent, ni le temps), je vais donner une note sur 5 et LE mot qui résume le mieux mon sentiment face à l’ouvrage, je suis toujours ouvert aux éventuelles questions évidemment. Dans la mesure où ce que je lis n’est pas spécialement ze dernière nouveauté de la mort, classiques côtoierons best-sellers du moment ! Trêve de blablatage, je commence :

« Petits suicides entre amis », Arto Paasilinna. Creux. 1/5.
« Axolotl Roadkill », Hélène Hegemann. Jalousé, 4/5.
« Le médecin d’Ispahan », Noah Gordon. Émouvant, 5/5.
« Bizarre, bizarre », Roald Dahl. Jouissif, 4/5.
« Encyclopédie capricieuse du tout et du rien », Charles Dantzig. Arrogant, 2/5.

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Train.

J’ai retrouvé cette petite chose, au fond d’un cahier. Je me rappelle l’avoir écrite lors de mes nombreux trajets ferrovaires jadis. J’étais alors en stage en médecine interne, ça doit expliquer la noirceur. Une autre de ces petites choses (me) prend plus de temps donc je la retranscrirai ultérieurement.

Cela faisait maintenant deux semaines que le cadavre d’une femme nue trainait à côté de la voie de chemin de fer. Au début, il aurait été logique -ou du moins imaginable- qu’un voyageur le remarque. Manque de chance, la météo fut scandaleusement mauvaise, si bien que les train-sportés préférèrent garder le nez plongé dans leurs chauds journaux plutôt qu’adopter une attitude activement contemplative pendant leur trajet.

Après, les ravages du temps et des larves firent leurs effets et le cadavre perdit progressivement toute forme humaine. Il commença par se gonfler tel un fétide ballon de baudruche, se recouvra ensuite d’une fine pellicule vert foncé, tirant sur le brun par endroit, ce qui l’assortit d’ailleurs délicatement au feuillage alentour. Seul subsistèrent quelques zones de peau intouchées, patchwork rosâtre, et le blanc neige contrastant des dents révélé dans un rictus figé. A partir de ce moment là, le corps commença à passer inapperçu pour tout regard un tant soit peu pressé.

Dés la fin de la deuxième semaine, un teint grisâtre, plus uniforme, moins gai, colora la chaire, l’assortissant au cailloux sur lesquels le cadavre était allongé. D’abord paresseusement, ensuite de plus en plus rapidement, les jours et les saisons passèrent saluer la défunte. La chaire disparue, la pluie finit d’emporter contenant et contenu, si bien qu’il ne resta bientôt plus que des os, comme si une main farceuse les avait déposés là où gisait encore la dépouille quelques autonmes avant. Juste au dessus des restes du corps inanimé, le bouillonnement de la vie continua sur le quai de la gare.

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Mea culpa

Bon…
Je fais trop de fautes d’orthographe paraît-il…
J’avoue…
Ce blog est illisible, je tente d’y remédier…
N’hésitez pas à commenter/corriger !

Oser.

Y’a des jours comme ça où je me dis que le monde est à portée de (ma) main.

L’échec est à tel point rendu tabou dans notre société, notre culture, que l’individu n’ose plus. Devant un risque, il se fige, recule ou procrastine (ce mot est tellement tendance, ce blog devient hyper hype). Échouer est vu comme contre-productif. Tu échoués DONC tu as perdu ton temps (and yeah man, time is money), ton investissement a été une pure perte.
Je m’offusque, m’énerve, que dis-je, je me révolte.
Un grand chanteur de rap nommé Lao-Tseu (VI/Veme siècle before Jean-Claude) a dit deupoin-ouvrélèguimé: « Il n’y a point de chemin vers le bonheur : le bonheur c’est le chemin. »
Eh ben, il se retourne tellement dans sa tombe depuis qu’on a branché une dynamo qui alimente tout Pékin avec ses rotatoires restes.
Mais où est le trépidant d’une vie si on reste toute la journée dans ses petites pantoufles ? Où est l’intérêt d’avoir des surrénales si on ne se prend jamais une bonne rasade d’adrénaline ?

3615 myLife : Je me suis rendu compte que je foutais plus grand chose pour mes exams et j’ai compris pourquoi. Ça me fout la trouille de finir mes études. Va falloir que je devienne médecin, plein de responsabilités, de devoirs, de stress. Et bien non ! Je dis stop ! Certe, je vais encore déguster mais ça va me plaire, je le sais, et j’arrête donc de tergiverser ou de fuir.

Il faut que ce raisonnement en terme de résultat cesse, après tout, le plus agréable quand on fait le tour du monde n’est pas le retour chez soi. C’est le but. Mais pas le meilleur souvenir.

Ne me comprenez pas mal, c’est évidemment encore plus plaisant quand tout marche sur des roulettes ! Je parle juste de ces situations où la peur de l’échec nous paralyse, pas de celles que l’on entreprend de toute façon avec succès.

Allez, la prochaine fois que je veux un truc un tant soit peu inaccessible, je prendrai ma b*te (parce que je suis mâle, si tu es femelle, imagine que tu prenne un sein, ça doit revenir au même) en main et irai le chercher de toutes mes forces. Je me plante en chemin ? Et bien, je m’en contre-fous, au moins, je me serai marré, et tellement que mon échec me paraîtra bien minime ! Qui me suit ?

J’avoue, j’ai oublié d’avoir une structure dans mon texte.

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